L’anti-vote

On parle de changer le mode de scrutin, de passer par exemple à la proportionnelle totale ou partielle, mais ce changement est plus coûteux et complexe qu’il n’y paraît et est possiblement interdit par la constitution canadienne.

Quoi qu’il en soit, il y a un changement assez simple qui permettrait de soulager un grand nombre d’électeurs frustrés par notre système. Souvent, le problème n’est pas qu’on ne sait pas pour qui voter, mais plutôt qu’on sait qui on ne veut pas voir gagner l’élection.

Si votre priorité est que le candidat du parti X ne soit pas élu, vous ne pouvez pas indiquer ce désir dans notre système actuel, vous devez choisir un des autres partis.

Si on donnait la possibilité aux électeurs de voter négativement, autrement dit d’annuler le vote d’un autre électeur pour le parti X plutôt que de voter positivement, on pourrait indiquer notre dégoût pour ce parti X.

Ainsi, si l’électeur indiquait son désir de voter négativement quand il se présente à l’urne, on pourrait lui donner un bulletin de vote de couleur rouge pour qu’il soit facilement identifiable ou il pourrait le déposer dans une urne différente. Lors du comptage, après avoir additionné les votes positifs, on pourrait ouvrir les urnes des votes négatifs et les soustraire.

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La laïcité

Un débat fait rage en ce moment au Québec sur la laïcité et sur la portée qu’on devrait lui donner.

Commençons par la définition acceptée par presque tous.

Laïcité: principe de séparation de l’État et de la religion et donc l’impartialité ou la neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses.

Pourquoi la laïcité? Pour éviter que l’État ne devienne un champ de bataille pour les religions, pour qu’il y ait au moins un terrain neutre où les différentes religions et les athées, donc tous les citoyens, puissent discuter en paix.

Un peu comme les jeux olympiques de l’antiquité, l’État laïque ne peut pas permettre qu’on y apporte des armes.

Une fois qu’on a compris ce principe, comment peut-on permettre que les employés de l’État se pavanent avec des signes religieux?

Certains disent que si on permet les signes religieux, cela démontre que toutes les religions sont traitées équitablement comme si en permettant les signes religieux, la visibilité des religions dans l’État va être proportionnelle à celle dans la population! Comme il y a des religions plus discrètes que d’autres, cela est justement impossible. Les religions qui s’affichent le plus vont être les plus visibles et celle qui ne s’affichent pas ou peu le seront moins ou pas du tout. La représentation des religions dans l’État va donc être complètement faussée. On pourrait alors voir certains se sentir exclus parce qu’il n’y aurait pas de représentation de leur religion dans l’État.

Un autre argument pour la laïcité est que plusieurs religions ne prônent pas la loi des hommes, mais celle de leur dieu. Permettre les signes religieux c’est donc aussi laisser les employés signifier ouvertement leur désir de voir l’État au complet s’écrouler pour laisser place à leur théocratie préférée. On ne permettrait pas à un employé d’afficher son désir de voir le compétiteur prendre le contrôle, ce serait ridicule pour l’employeur.

Les autres raisons pour la laïcité sont des corollaires, des conséquences heureuses, mais pas directes. Les religions sont souvent homophobes et misogynes, de leur mettre des bâtons dans les roues est une bonne chose qu’importe le bâton.

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Les villes bilingues

Pourquoi imposer à une ville de ne pas communiquer avec ses citoyens en anglais? Pourquoi interdire une langue quelconque en fait? On pourrait avoir des villes bilingues françaises-anglaises ou encore françaises-italiennes ou françaises-chinoises, pourquoi pas?

Ce qu’on devrait faire est d’imposer le français à toutes les villes, ce qu’on fait déjà, et de permettre toutes les autres langues pourvu que les citoyens de la ville décident démocratiquement de payer pour cette autre langue.

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Comment financer l’éducation supérieure?

Le problème avec la gratuité scolaire c’est qu’après l’obtention d’un diplôme, on peut aller travailler dans un autre pays et gagner potentiellement plus d’argent qu’ici.  Si nous payons pour l’éducation supérieure avec nos taxes, nous ne serons pas aussi compétitifs qu’un pays qui ne fait qu’attirer les diplômés des autres pays.

Cependant, si on peut être certain que l’étudiant va faire carrière au Québec, on est certain que cet étudiant va largement rembourser ce que ce qu’il a coûté en frais de scolarité par les impôts qu’il va payer et en stimulation de l’économie.

Ma solution pourrait, en plus de satisfaire tout le monde, permettre au Québec de devenir le centre de la recherche au Canada et un des plus importants dans le monde, de donner un souffle de vie sans précédent à la langue française et en plus de rajeunir notre population.

DÉSOLÉ DE DÉCEVOIR LES IDÉALISTES, MAIS CETTE SOLUTION N’EST NI DE GAUCHE, NI DE DROITE, ELLE EST SIMPLEMENT LOGIQUE!

VOICI:
Laissons les universités décider des frais de scolarité et des autres frais (ce qui fait sortir la question du financement des universités de l’équation).  De plus, si les universités ne manquent pas d’argent elles n’ont plus à se prostituer avec le secteur privé pour en avoir.

Ne pas donner de bourse ou de crédit d’impôt aux étudiants et réduire les investissements pour la recherche aux universités qui n’en auront pas autant besoin puisqu’elles peuvent décider des frais de scolarité. Ceci fera économiser de l’argent au gouvernement.

À chaque année d’études, le gouvernement fait un prêt à l’étudiant avec un taux d’intérêt normal, pas préférentiel, sans tenir compte des revenus des parents (ce n’est qu’un prêt après tout) et qui pourrait aussi couvrir plus que les frais de scolarité (qui ne comptent que pour une faible partie des coûts en vérité). Le montant maximal du prêt est déterminé par le besoin de la société (il ne s’agit pas ici uniquement des besoins du marché) pour ce diplôme.

À l’obtention du diplôme, l’étudiant doit commencer à rembourser.
Rien de spécial jusqu’ici, je sais, cependant…

Le gouvernement s’engage avant de donner des prêts à payer les intérêts et une partie du capital à chaque année après l’obtention du diplôme pour laquelle le diplômé habitera au Québec à la condition que celui-ci ait réussi un examen difficile de français.
Au bout de vingt ans, le prêt sera complètement remboursé.

Si l’étudiant n’a pas réussi cet examen ou n’habite pas le Québec, il paie, sinon, le gouvernement paie pour la période.
Cet examen doit être réussi avant que le gouvernement ne commence à payer, mais il peut essayer de le passer à n’importe quel moment et même avant l’obtention du diplôme.

Autrement dit, on se sert des prêts pour forcer les diplômés à faire carrière au Québec et à apprendre le français s’ils ne le parlent pas déjà.

Quels seraient les impacts de ce système?
Les étudiants québécois n’auraient aucune crainte d’étudier dans les domaines dont on a le plus besoin.
Les étudiants des autres provinces et de l’étranger seraient encore plus désireux de venir étudier ici, mais ce serait pour y rester, il faudrait cependant pouvoir garantir que les étudiants étrangers puissent devenir citoyens canadiens.
Le nombre d’étudiants dans nos universités serait à son maximum et aussi grand qu’on le désire.
Les impôts que le gouvernement percevrait de ces travailleurs seraient suffisants pour payer les prêts de la génération suivante.
Après vingt ans au Québec, ces travailleurs auront des liens ici et ne voudront pas partir.
Des sociétés de partout viendraient s’établir au Québec et la langue de travail serait forcément le français rendant la loi 101 superflue (attention, je ne propose pas de la retirer).
Cela contribuerait aussi à rajeunir la population!

Donc, aucun coût pour le gouvernement, une économie forte et une langue française énergisée.
Le seul désavantage est qu’au début de ce programme le gouvernement devra ajouter à son déficit pendant quelques années. La cote de crédit du Québec ne devrait pas être très affectée car ces emprunts ne seraient que pour faire de très bons investissements.

Voici un exemple:
Un étudiant en médecine, dont nous avons un besoin urgent, peut demander un prêt de disons 100000$ par année d’études (le maximum de ce prêt dépend du diplôme visé) et quand il obtient son diplôme le gouvernement commence à payer les prêts qui seront complètement payés après 20 ans alors que ce médecin aura probablement des revenus astronomiques qui feront qu’il aura déjà donné plus que la valeur des prêts en impôts.

Si on prévoit toujours de manquer de médecins, on peut augmenter le montant maximal des prêts jusqu’à ce qu’on en ait assez.

La société pourrait aussi décider qu’elle a un grand besoin d’étudiants en théologie et leur donner accès à de gros prêts, mais j’espère personnellement que ce ne sera pas le cas!

Si le gouvernement juge qu’on n’a pas besoin d’étudiants en philosophie, il n’a pas à donner des prêts pour ce diplôme. Autrement dit, ces études se feraient aux frais des étudiants eux-mêmes.

Cette solution n’est pas complète, il reste à déterminer comment on traite les étudiants qui changent de discipline ou qui ne réussissent pas à passer, mais l’idée est là.

En passant, il y a d’autres façons de baisser les coûts de l’éducation. On pourrait créer des cours en vidéo gratuits et disponibles à tous sur iTunesU ou ailleurs pour remplacer ces cours de base qui sont donnés dans des amphithéâtres par des professeurs qui s’ennuient à des centaines d’étudiants à la fois. Pour obtenir les crédits, les étudiants n’auraient qu’à passer un examen.

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