Comment financer l’éducation supérieure?

Le problème avec la gratuité scolaire c’est qu’après l’obtention d’un diplôme, on peut aller travailler dans un autre pays et gagner potentiellement plus d’argent qu’ici.  Si nous payons pour l’éducation supérieure avec nos taxes, nous ne serons pas aussi compétitifs qu’un pays qui ne fait qu’attirer les diplômés des autres pays.

Cependant, si on peut être certain que l’étudiant va faire carrière au Québec, on est certain que cet étudiant va largement rembourser ce que ce qu’il a coûté en frais de scolarité par les impôts qu’il va payer et en stimulation de l’économie.

Ma solution pourrait, en plus de satisfaire tout le monde, permettre au Québec de devenir le centre de la recherche au Canada et un des plus importants dans le monde, de donner un souffle de vie sans précédent à la langue française et en plus de rajeunir notre population.

DÉSOLÉ DE DÉCEVOIR LES IDÉALISTES, MAIS CETTE SOLUTION N’EST NI DE GAUCHE, NI DE DROITE, ELLE EST SIMPLEMENT LOGIQUE!

VOICI:
Laissons les universités décider des frais de scolarité et des autres frais (ce qui fait sortir la question du financement des universités de l’équation).  De plus, si les universités ne manquent pas d’argent elles n’ont plus à se prostituer avec le secteur privé pour en avoir.

Ne pas donner de bourse ou de crédit d’impôt aux étudiants et réduire les investissements pour la recherche aux universités qui n’en auront pas autant besoin puisqu’elles peuvent décider des frais de scolarité. Ceci fera économiser de l’argent au gouvernement.

À chaque année d’études, le gouvernement fait un prêt à l’étudiant avec un taux d’intérêt normal, pas préférentiel, sans tenir compte des revenus des parents (ce n’est qu’un prêt après tout) et qui pourrait aussi couvrir plus que les frais de scolarité (qui ne comptent que pour une faible partie des coûts en vérité). Le montant maximal du prêt est déterminé par le besoin de la société (il ne s’agit pas ici uniquement des besoins du marché) pour ce diplôme.

À l’obtention du diplôme, l’étudiant doit commencer à rembourser.
Rien de spécial jusqu’ici, je sais, cependant…

Le gouvernement s’engage avant de donner des prêts à payer les intérêts et une partie du capital à chaque année après l’obtention du diplôme pour laquelle le diplômé habitera au Québec à la condition que celui-ci ait réussi un examen difficile de français.
Au bout de vingt ans, le prêt sera complètement remboursé.

Si l’étudiant n’a pas réussi cet examen ou n’habite pas le Québec, il paie, sinon, le gouvernement paie pour la période.
Cet examen doit être réussi avant que le gouvernement ne commence à payer, mais il peut essayer de le passer à n’importe quel moment et même avant l’obtention du diplôme.

Autrement dit, on se sert des prêts pour forcer les diplômés à faire carrière au Québec et à apprendre le français s’ils ne le parlent pas déjà.

Quels seraient les impacts de ce système?
Les étudiants québécois n’auraient aucune crainte d’étudier dans les domaines dont on a le plus besoin.
Les étudiants des autres provinces et de l’étranger seraient encore plus désireux de venir étudier ici, mais ce serait pour y rester, il faudrait cependant pouvoir garantir que les étudiants étrangers puissent devenir citoyens canadiens.
Le nombre d’étudiants dans nos universités serait à son maximum et aussi grand qu’on le désire.
Les impôts que le gouvernement percevrait de ces travailleurs seraient suffisants pour payer les prêts de la génération suivante.
Après vingt ans au Québec, ces travailleurs auront des liens ici et ne voudront pas partir.
Des sociétés de partout viendraient s’établir au Québec et la langue de travail serait forcément le français rendant la loi 101 superflue (attention, je ne propose pas de la retirer).
Cela contribuerait aussi à rajeunir la population!

Donc, aucun coût pour le gouvernement, une économie forte et une langue française énergisée.
Le seul désavantage est qu’au début de ce programme le gouvernement devra ajouter à son déficit pendant quelques années. La cote de crédit du Québec ne devrait pas être très affectée car ces emprunts ne seraient que pour faire de très bons investissements.

Voici un exemple:
Un étudiant en médecine, dont nous avons un besoin urgent, peut demander un prêt de disons 100000$ par année d’études (le maximum de ce prêt dépend du diplôme visé) et quand il obtient son diplôme le gouvernement commence à payer les prêts qui seront complètement payés après 20 ans alors que ce médecin aura probablement des revenus astronomiques qui feront qu’il aura déjà donné plus que la valeur des prêts en impôts.

Si on prévoit toujours de manquer de médecins, on peut augmenter le montant maximal des prêts jusqu’à ce qu’on en ait assez.

La société pourrait aussi décider qu’elle a un grand besoin d’étudiants en théologie et leur donner accès à de gros prêts, mais j’espère personnellement que ce ne sera pas le cas!

Si le gouvernement juge qu’on n’a pas besoin d’étudiants en philosophie, il n’a pas à donner des prêts pour ce diplôme. Autrement dit, ces études se feraient aux frais des étudiants eux-mêmes.

Cette solution n’est pas complète, il reste à déterminer comment on traite les étudiants qui changent de discipline ou qui ne réussissent pas à passer, mais l’idée est là.

En passant, il y a d’autres façons de baisser les coûts de l’éducation. On pourrait créer des cours en vidéo gratuits et disponibles à tous sur iTunesU ou ailleurs pour remplacer ces cours de base qui sont donnés dans des amphithéâtres par des professeurs qui s’ennuient à des centaines d’étudiants à la fois. Pour obtenir les crédits, les étudiants n’auraient qu’à passer un examen.

Advertisements
Cette entrée a été publiée dans Économie, Français. Mettre ce permalien en signet.

13 réponses à Comment financer l’éducation supérieure?

  1. Stéphane Venne dit :

    Pourquoi les « diplômés conventionnels » (ceux qui ont obtenu le moyen de leur gagne-pain et de leur destinée grâce à un prêt gouvernemental) devraient-ils être soulagés d’une partie ou de la totalité de cet emprunt alors qu’un autodidacte ou un entrepreneur (ayant acquis le moyen de son gagne-pain par ses propres moyens… ou à l’étranger) n’auraient pas ce privilège? Pourquoi pas simplement un remboursement par le « diplômé conventionnel » privilégié (ok, sans intérêts) quand celui-ci sera devenu riche? Si on emprunte gaiement 200 000$ pour une maison, pourquoi pas pour sa propre destinée?

    • Merci beaucoup pour votre commentaire.
      Je crois que la question est comment financer les universités. Ce que je propose c’est d’attirer des étudiants ici et de les inciter à rester ici une fois leur diplôme obtenu. Ils payeront des impôts aussitôt qu’ils auront des revenus et donc payeront leur part et après 20 ans ici ne pourront plus partir et continueront à payer.
      Pour ce qui est des autodidactes, pour moi c’est une autre question et comme on peut difficilement déterminer la valeur de leur éducation, je ne vois pas comment on pourrait les dédommager.

      • Stéphane Venne dit :

        « Inciter » (ou tous ses synonymes, comme « sensibiliser », etc.), c’est comme prier. Faut avoir la foi. Je ne suis pas croyant. En rien. J’aime mieux les contrats, avec clauses punitives.

      • Il y a un contrat. L’étudiant s’engage à rembourser le prêt comme il le ferait aujourd’hui.

  2. josette dit :

    Solution beaucoup trop compliquée pour rien (et qui n’a pour effet que d’envoyer l’argent du gouvernement à la banque pour rembourser les intérêts). Gratuité et remboursement du coût de tes études si tu pars à l’étranger tout simplement…
    p.s. On n’a pas vraiment besoin urgent de plus de médecins, des tonnes d’étudiants sont refusés année après année en médecine… Si on en veut plus, juste à parler au collège des médecins qui bloque l’entrée au programme pour maintenir le « standing » de la profession et continuer à exiger des salaires faramineux…

    • Je n’ai pas parlé des banques et je ne comprends pas pourquoi le gouvernement aurait besoin de celles-ci! Ce n’est pas compliqué, on n’a pas de bourse, pas de crédit d’impôt seulement des prêts et un examen de français. Je ne comprends pas pourquoi vous dites cela.
      Votre solution n’est pas assez détaillée. Vous dites que les étudiants ne devraient rien payer et s’ils quittent le pays ils se trouvent tout d’un coup avec une immense dette! C’est ce que je dis en quelque sorte, mais la dette ils l’ont dès le départ.
      De plus, vous ne parlez que des frais de scolarité. Il est fort probable que même avec la gratuité scolaire quelqu’un de très intelligent mais pauvre ne puisse pas se permettre des études. Avec mon système il pourrait.
      PS: Je ne dis pas qu’on manque de médecin, je dis bien si on prévoit en manquer.

    • Stéphane Venne dit :

      Pour prêter quoi que ce soit (de l’argent, une auto, une maison) même pour un court temps, faut l’avoir. Concrètement. Le gouvernement n’en a pas. Les banques en ont. Si le gouvernement voulait prêter des autos, il demanderait à Hertz. C’est pareil pour l’argent.

  3. SlayerX dit :

    Cool! je vais aller étudier au Québec sans payer les études puis quitter vers un autre pays où il fait moins froid et avec un meilleur accès aux médecins. Bonne chance à vous pour essayer de m’obliger à rembourser le coût des études une fois que je quitte votre pays LOL

    • C’est une très bonne remarque! Je suis d’accord avec vous que c’est un risque, mais je crois que même en considérant ce risque ça en vaut le coup.
      Aujourd’hui, quand un étudiant a un prêt à payer, il ne peut pas s’en débarrasser en déclarant faillite car ces prêts ont un statut particulier.
      Il y a bien sûr des mesures qu’on peut prendre pour empêcher ça comme le criminaliser ou diminuer le montant maximum des prêts si on considère que l’étudiant est à haut risque de quitter.
      Pour recevoir les prêts, l’étudiant devra s’engager à rester au Québec, s’il ne respecte pas ce contrat, je crois qu’on peut émettre un mandat d’arrestation tout comme on peut le faire pour non respect d’un autre contrat.
      Je ne suis pas avocat, c’est au gouvernement de voir à ces choses, moi je ne fais que donner mon idée à qui veut bien l’utiliser.

      • Stéphane Venne dit :

        Il est où le problème? Quiconque se porte candidat à un prêt consent aux règles transactionnelles qui s’appliquent normalement à un prêt, y compris d’offrir un engagement, et le cas échéant des garanties, un endosseur, etc. Un prêt-étudiant n’est pas un don ni un cadeau ni un droit: c’est une transaction avec la collectivité, incorporée à un programme, lequel comporte des conditions et limitations. Et des pénalités en cas de contravention. Il est où le problème?

      • Je n’en vois pas moi non plus, mais je n’ai pas pensé à tous les détails. Merci de ton commentaire.

  4. Stéphane Venne dit :

    Une fois qu’on établit le principe que les avantages conférés par l’état national sont pour les « nationaux », c’est relativement simple d’avoir une méthode de gestion en conséquence. La Californie le fait déjà.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s